... Quand on est un peu habitué à l'art contemporain, on a tendance à en voir partout (peut-être surtout dans les lieux qui n'y sont pas destinés), ou, plus exactement, on a toujours peur de perdre la face en manquant une oeuvre qui, au premier abord, n'en aurait pas forcément l'air.
Et puis, comme le Louvre s'est mis à insérer subrepticement des oeuvres d'art contemporain au milieu de ses collections (ce qui, soit dit en passant, est un peu une façon de traiter les oeuvres contemporaines comme des nains de jardin apparaissant au détour de deux ifs taillés à la française), je me suis dit: "tiens, quoi qu'est-ce?"
Il faut dire aussi que, dans le genre sac en plastique, il y avait un précédent.
Ceci:
ça, c'est une oeuvre de Kader Attia présentée au printemps dernier lors de la Force de l'art. (source image)Ce qui était drôle, d'ailleurs, c'est que bien des visiteurs ne l'avaient pas remarquée, notant juste la présence du vigile qui, en raison de l'apparence très triviale de l'oeuvre, devait veiller à ce qu'on ne marche pas dessus (ou que, dans un souci écologique, on n'aille pas la déposer dans le bac jaune destiné aux déchets recyclables).
Puis, les sacs de plastique (ceux du Louvre, donc) ont révélé leur véritable nature:
De cet épisode, certains pourraient tirer au moins deux conclusions opposées:
1) que l'art n'a aucun intérêt lorsqu'il peut être confondu avec la réalité.
2) ou bien que, justement, l'intérêt de l'art est de nous faire relever des détails de la réalité qu'on ne remarquerait pas autrement.
Moi je dirais que la valeur d'une oeuvre est indépendante de sa confusion éventuelle avec le réel.
Mais que, dans ce cas particulier, ce qui différencie ces sacs en plastique de ceux de Kader Attia, ce n'est rien d'autre que leur valeur d'assurance...
Il est évident que l'art contemporain sème le trouble entre ce qui est art et ce qui ne l'est pas. Mais cela reste anecdotique s'il n'en ressort pour moi aucune émotion esthétique.
Face à ces sacs (comme face à ceux de Kader Attia), ni grand bouleversement, ni questions existentielles.
Mais l'anecdote m'a procuré du plaisir. (D'ailleurs, les sacs du Louvre, résidus de prétendus "travaux", me semblent bien incongrus ... plus que ceux de KA!). Je m'en contente volontiers.


- des assemblages de bouts de bois, qui ne sont pas sans évoquer les collages de Kurt Schwitters et de Hans Arp de l'époque Dada, mais qui ici expriment une certaine vision de la ville moderne.
- D'autres assemblages dont le titre, parfois fondé sur un jeu de mots (ici: Parabellum) est sans équivoque quant à la portée critique du propos. Ce qui est intéressant d'ailleurs, dans l'oeuvre ci-contre, c'est qu'on peut la considérer soit à l'échelle 1 (auquel cas, les clous et le fil de fer rouillés seront vus, par exemple, comme les vestiges d'une civilisation guerrière), soit comme la métaphore miniature d'une réalité plus large (et dans ce cas, les clous seront l'image de vieux obus, comme ceux qu'on voit sur les monuments aux morts de 14-18, ou une barrière hérissée de pointes).



